" La liberté, c'est la liberté de dire que deux et deux font quatre. Lorsque cela est accordé, le reste suit. "" Winston pensa qu'il était étrange que tout le monde partageât le même ciel, en Estasia et Eurasia, comme en Océania. Et les gens qui vivaient sous le ciel étaient tous semblables. C'était partout, dans le monde entier, des centaines ou des milliers de millions de gens s'ignorant les uns les autres, séparés par des murs de haines et de mensonges, et cependant presque exactement les mêmes, des gens qui n'avaient jamais appris à penser, mais qui emmagasinaient dans leurs coeurs, leurs ventres et leurs muscles, la force qui, un jour, boulverserait le monde. "
" Les oiseaux chantaient, les prolétaires chantaient, le Parti ne chantait pas. Partout, dans le monde, à Londres et à New-York, en Afrique et au Brésil et dans les contrées mystérieuses et défendues par-delà les frontières, dans les rues de Paris et de Berlin, dans les villages de l'interminable plaine russe, dans les bazars de la Chine et du Japon, partout se dressait la même silhouette, solide et invincible, monstrueuse à force de travail et d'enfantement, qui peinait de sa naissance à sa mort, mais chantait encore. De ces reins puissants, une race d'être conscients devait un jour sortir. On était des morts, l'avenir leur appartenait. Mais on pouvait partager ce futur en gardant l'esprit vivant comme ils gardaient le corps et en transmettant la doctrine secrète que deux et deux font quatre. "
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